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L’autocar, une offre qui se développe au niveau transfrontalier

10 mai , 2016  

L’Eurorégion a pour objectif d’améliorer la mobilité transfrontalière des citoyens. Cela passe par  l’information voyageurs, l’amélioration des correspondances entre les différentes offres ferroviaires, l’accompagnement des études concernant le Y-Basque, mais aussi depuis 2014, l’accompagnement du développement des liaisons par autocars. En effet, en attendant la suppression de la rupture de charge ferroviaire, ces dernières représentent une alternative performante, économique et appréciée des usagers. 

De vraies différences dans les usages 

Au sud de la frontière, l’utilisation de l’autocar est plutôt répandue, alors même que le réseau ferroviaire est pluriel et performant. Chaque mode de transport a sa pertinence, selon les territoires, les origines-destinations, et le public cible. En Gipuzkoa, le réseau public d’autocars interurbains, Lurraldebus, est très performant et enregistre chaque année toujours plus d’utilisateurs. Il est complété par des offres privées, qui se positionnent plutôt sur les liaisons de moyenne et longue distance. Au nord, l’utilisation de l’autocar est culturellement beaucoup moins présente. Mais suite à la loi Macron, promulguée en Août 2015, cette situation change progressivement. En effet, l’ouverture du marché permise par cette dernière a entrainé un véritable boom des offres. Celui-ci n’est pas encore suivi d’une explosion de la demande, mais petit à petit, ce mode semble s’installer dans la durée sur le territoire. A l’échelle du territoire aquitain, sont présents les opérateurs Ouibus, Isilines, Starshipper, Megabus et Flixbus. Pour le moment, seule une compagnie traverse la frontière.

Retrouvez ici notre comparateur de billets de cars

Le transfrontalier, un domaine à part 

Au niveau transfrontalier, les opérateurs n’ont pas eu besoin d’attendre la loi Macron, étant donné que le transport par autocar dit « international » était déjà autorisé (selon un certain nombre de critères et de demandes préalables). A cette échelle, deux opérateurs occupent une large partie du marché, notamment entre Bayonne/Biarritz et San Sebastian. Il s’agit de Pesa, opérateur historique en Gipuzkoa, connu notamment pour l’exploitation de plusieurs lignes de Lurraldebus, mais aussi pour la liaison Bilbao Aéroport – San Sebastian cadencée. Le second opérateur est Conda, compagnie de bus de Navarre, rachetée par Alsa, (opérateur national), lui même appartenant au groupe National Express. Il est très présent en Navarre mais relie également des villes au nord comme Saint Jean Pied de Port. Enfin, de nouveaux entrants viennent challenger les historiques, comme Starshipper, dont l’exploitation est assurée par des autocaristes locaux et qui exploite désormais les lignes Bordeaux et Toulouse vers San Sebastian

Retrouvez ici les différentes offres proposées actuellement

La desserte, un sujet casse tête 

Ces offres transfrontalières permettent par exemple de relier l’aéroport de Biarritz au centre de San Sebastian en 45 minutes, pour un tarif compris entre 5 et 8 euros (selon les périodes et les opérateurs). Elles sont donc particulièrement performantes. Pour autant, même si elles contribuent à effacer l’effet frontière, la dissymétrie décrite plus tôt dans notre article demeure présente, particulièrement dans un domaine : les points d’arrêts. Si au sud, la plupart des villes majeures bénéficient de gares routières (de plus ou moins grande taille), au nord, ce type d’infrastructure ne va pas de soi – jusqu’à présent, la desserte des autocars y fut gérée au cas par cas, sans vision globale. Graçe à la coopération transfrontalière, nous avons la chance de pouvoir observer et analyser ce qui se passe au sud, afin pourquoi pas d’améliorer la prise en compte de la problématique au nord. C’est une des missions que nous nous fixons pour les 18 mois à venir.

Retrouvez ici notre liste des différents points d’arrêts par opérateur

Des exemples à suivre 

Afin d’alimenter notre réflexion, nous avons récemment utilisé les gares routières de deux capitales basques, à savoir San Sebastian et Pampelune. La première vient à peine de sortir de terre, puisque inaugurée en Février 2016, alors que la seconde est installée depuis déjà longtemps dans la capitale navarraise (elle a été élue meilleure gare routière d’Espagne en 2011). Dans les deux cas, même si les lieux sont différents, la logique est semblable et appréciable. Des gares en sous-terrain, confortables, servicielles, et dans lesquelles tout a été fait pour faciliter l’accès aux cars. Le seul éventuel bémol qu’il conviendrait d’apporter concernerait l’information voyageurs intermodale, finalement assez peu présente dans les deux gares. Mais les photos parlent mieux qu’un long discours.


Gare routière de Pampelune, Navarre


Gare routière de San Sebastian, Gipuzkoa



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